LA COURONNE :
Tel ne fut pas toujours le nom de notre ville.
Le village s'appela d'abord Paludibus, "les Marais" puis, Saint Jean de la Palud en référence comme ce dernier mot l’indique à son territoire marécageux .
Saint Jean de La Palud n’était constitué que de petits villages et de lieux dits dont les noms ont traversé les ans et que nous retrouvons encore désignés selon la même ortographe. Progressivement, le bourg s’aggloméra autour de l’église.
Les invasions barbares et les guerres féodales avaient désolé le pays qui ne présentait plus que l’aspect d’un désert lorsqu’un jour, un modeste prêtre du nom de LAMBERT, fut nommé chapelin de la collégiale de St Jean de la Palud et choisit pour établir son monastère, au centre même des marais fangeux, une éminence de terre entourée de rochers ayant une forme circulaire et nommé pour cela « Coronella ». La première église édifiée sur le site le fut entre 1118 et 1122.
Lambert en fit une des plus riche abbaye de l’Angoumois et fut nommé en 1136 au siège épiscopal d’Angoulême, mais c’est à St Jean de la Palud (ou L’Apallut comme on peut le trouver parfois écrit) qu’il voulut finir ses jours et c’est là qu’après avoir reçu les derniers sacrements il rendit son âme à Dieu le 13 juin 1149. Un nouvel édifice fut construit à partir de 1171.
Si les guerre de religion vidèrent l’abbaye, les siècles qui précédèrent et suivirent renforçaient l’influence et l’importance de celle-ci qui se développa et vit ses constructions s’agrandirent régulièrement mais la révolution fut fatale à l’abbaye et le superbe édifice fut en partie démoli a partir de 1807 et servi de carrière de pierres.
C’est sur un acte des Régistre des baptêmes de 1783 que l’on trouve l’appellation Saint Jean de la Palu de La Couronne puis sur un autre de 1790 que disparaît le nom Saint Jean de La Palu (sans D) et subsiste seulement La Couronne.
En décembre 1792, année charnière, année de la terreur et de la convention, il ne s’agit plus de la Paroisse mais de la Municipalité de La Couronne.
Il subsiste tout au long des chemins de la commune de nombreuses traces de son Histoire :
Belles ruines de l'église d'une ancienne abbaye édifiée par les chanoines réguliers de Saint-Augustin, remaniée au XVe siècle, en partie détruite depuis la Révolution. Offrait le plan habituel des églises cisterciennes avec un choeur rectangulaire à chevet plat et quatre chapelles carrées ouvertes sur la face orientale du transept (une de ces chapelles est restée intacte). Les deux dernières travées ont été refaites en style gothique en 1461
La Comtesse Reine Isabelle serait enterrée à l'abbaye de La Couronne, mais son cœur se trouverait à l'abbaye de Fontevrault (Maine & Loire)
Hôtel abbatial fin XVe siècle. Cour d'honneur entourée des bâtiments conventuels reconstruits en 1750 (XVIIIe siècle).Dans le parc mur bas orné de balustres engagés. Fontaine monumentale fin XVIIe siècle. Au bas d'un grand mur percé d'ouvertures aveugles sur les cotés, couronné d'un fronton qui renfermait les armes de France (grattées à la Révolution). Emplacement de l'aile N. du cloitre disparu.
Manoir de la Tour-Saint-Jean, XVIe et XVIIe siècle. Ancienne dépendance de l'abbaye de la Couronne. Tour ronde couverte d'un toit qui épouse la forme d'une cloche (rare en Charente) adossée à l'habitation. Terrasse latérale soutenue par d'étroites arcades.La partie Ouest d'une maison possède un pignon avec fenêtre du XVe siècle et les traces de deux ouvertures avec linteaux cintrés, dessus de fenêtre en trèfle et un contrefort. Une porte en arc brisé donne accès à un sous-sol voûté, en partie enterré, fortifié avec meurtrières. Le souterrain, taillé dans le roc, est constitué de deux salles dont l'une a pu servir de chapelle ou d'oratoire.
Château de l'Oisellerie, bâti sous François 1er (1540). Le domaine de l'Oisellerie est situé à une dizaine de kilomètres au sud d'Angoulême. Le château, aux lignes épurées et aux proportions harmonieuses, est le témoin de la première Renaissance en Angoumois.
Construit au XVe siècle sur l'emplacement d'une fauconnerie, le château de l'Oisellerie appartient jusqu'en 1678 à la famille Calluaud. Arnault Calluaud, procureur général de Louise de Savoie, échevin d'Angoulême en 1501, en avait fait l'acquisition en 1498. Il fait agrandir le logis existant : petit manoir rural à deux pignons aigus décorés de choux frisés. Une statuette d'amortissement termine chaque angle du pignon. Trois d'entre elles sont encore visibles : au sud, un chien assis tient entre ses pattes le blason des Calluaud, à l'ouest un moine ricanant et une tête de bélier.
Au début du XVIe siècle, l'architecture évolue rapidement : la décoration gothique n'est plus à la mode et cède le terrain au goût antique. Ainsi apparaît sur la tour carrée qui contient l'escalier à vis, une ornementation plus légère, caractéristique de la première Renaissance en Angoumois. Le manoir s'agrandit encore par la construction de l'aile nord et des fortifications.
Accostée à l'est d'une grosse tour ronde, à l'ouest, du pavillon carré, c'est une longue bâtisse, largement ouverte au sud par des fenêtres à meneaux.
En 1691, le château est racheté par François Maulde. Sa famille y vivra jusqu'en 1900.
A cette date, le château est vendu au département de la Charente qui le transforme en lycée agricole jusqu'en 1962.
Laissé à l'abandon, le château est enfin réhabilité par la Conseil Général de la Charente qui y héberge le CDDP en 1989.
L'église Saint-Jean-Baptiste (XI-XIIème) possède une belle façade à arcatures ainsi qu'un élégant clocher polygonal à flèche à écaille de pierre.
L’église actuelle possède une nef de 6 travées voûtée en berceau en plein cintre sur doubleaux. Etant donné que les murs gouttereaux sont renforcés par des arcs de décharge, dont plusieurs ont été doublés par des rouleaux, sans doute pensait-on couvrir primitivement couvrir la nef d’une charpente apparente, mode de couverture encore utilisé pour les église paroissiales au début du 12ème siècle. Lorsque l’architecte résolut de couvrir la nef par un berceau en pierre, il éleva des colonnes destinées à soutenir les doubleaux.
Portail roman de l'ancien cimetière.
Restes d'un édifice gallo-romain carré appelé Prison des Romains ou Tour de la Berche.
Logis de Mougnac, début XVe et XVIIe siècle. Une construction du XVe siècle est encadrée par deux pavillons du XVIIe siècle. ajourée de petites ouvertures (une avec arc trilobé).
Chapelle de Mougnac : Eglise du 12ème siècle. Elle fut ruinée en 1563. elle n'était pas complètement abandonnée en 1621, puisqu'à la date du 5 septembre, les régistres paroissiaux nous apprennent qu'il s'est fait un baptême dans la chapelle autrement connue sous le nom de "Chapelle de Monsieur Saint-Nicolas" sise au village de Mougnac, paroisse de Saint-Jean-de-la Pallud de La Couronne (sic- archives départementales).
On peut distinguer à côté de la chapelle, une tour carrée construite en 1823 qui "regarde" encore Angoulême. Elle a servi jusqu'en 1852 de tour de télégraphie de Chappe, un moyen de communication optique par sémaphore du nom de son inventeur. Une autre "machine Chappe" était installée sur une tour de l'Hôtel de Ville d'Angoulême, une troisième sur la commune de Plassac; ces trois stations faisaient partie d'une ligne Nord-Sud (Paris-Bordeaux?).
Ces deux constructions sont placées sur une propriété privée dans le village de Mougnac.
Village des Gallands: Maison forte XVe et XVIe siècle. Bâtisse fortifiée, autour deux tours devenues pigeonniers. L'une d'elle avec meutrières des XVe et XVIe siècle.
Sources d’informations : Archives municipales et départementales